Microbiome et santé mentale : une relation insoupçonnée

February 2, 2020

 Image retrouvée sur : https://www.taconic.com/taconic-insights/microbiome-and-germ-free/gut-brain-axis-depression.html

 

 

Le microbiome est un ensemble de micro-organismes (bactéries, virus, champignons, etc.) qui cohabitent de manière symbiotique dans un environnement donné et dont l’association est basée sur un appui mutuel. Le corps humain représente un de ces environnements.

Aujourd'hui, Neuropresse aborde et approfondi davantage ce sujet.

 

 

    En effet, le corps humain dispose de son propre microbiome, qui s’étend de l’extérieur à l’intérieur de son enveloppe corporelle et est constitué de centaines de milliards de micro-organismes. Ceux-ci représentent le double (6 lbs) du poids de votre cerveau (3 lbs). À vrai dire, il y a 10 fois plus de micro-organismes sur et dans le corps humain que de cellules humaines. 

 

Le microbiome humain est spécifique à chaque personne. Il constitue une empreinte unique de l’individu, car sa formation débute pré-partum dans l’utérus et se poursuit post-partum suivant l’environnement dans lequel l’individu grandit. Par conséquent, nous possédons à la fois des bactéries uniques à notre microbiome ainsi que des bactéries communes aux individus qui partagent notre environnement. 

Parmi ces micro-organismes, les bactéries de l’intestin se démarquent des autres  en étant impliquées de manière significative dans le maintien des systèmes immunitaire, endocrinien et nerveux. Elles induisent la production d’anticorps spécifiques, sécrètent des hormones qui régulent le comportement, l’appétit et le métabolisme et aident à réduire la dépression et l’anxiété.

 

    À partir de ces informations, des scientifiques ont mené une étude visant 1054 participants, dont 173 souffraient de dépression. L’analyse et la comparaison de leur microbiome respectif ont indiqué que deux types de bactéries étaient absents de l’intestin des individus atteints de dépression. L’une d’elle est la bactérie du genre Coprococcus, qui est connue comme étant impliquée dans le mécanisme d’action de la dopamine (neurotransmetteur antidépresseur) et dans les mécanismes anti-inflammatoires. Comme les personnes diagnostiquées dépressives ont un taux d’inflammation élevé, cela soutient fortement l’hypothèse selon laquelle les bactéries intestinales peuvent réguler des troubles psychologiques tels que la dépression par le biais d’une voie de communication directe entre l’intestin et le cerveau. Il s’agit de l’axe intestin-cerveau.

D’autres bactéries intestinales, telles que Lactobacillus, stimulent la production d’autres neurotransmetteurs antidépresseurs dont la sérotonine. En effet, de 80 % à 90 % de ce neurotransmetteur, communément appelé « hormone du bonheur », est produit dans l’intestin, d’où le proverbe chinois « Le véritable chemin pour toucher le coeur d’un homme passe par son estomac ». 

 

    L’axe intestin-cerveau est caractérisé par ce bassin d’activité, car il est constitué d’un nombre important de neurones qui font le pont entre les bactéries intestinales et les cellules du système nerveux central (SNC). Ces neurones forment le système nerveux entérique (SNE) et, par leur nombre considérable, donnent à l’intestin le titre de second cerveau du corps humain. 

Ce pont s’effectue de telle sorte que la production bactérienne influe sur les neurones du SNE qui communiquent avec ceux du SNC. Par exemple, les acides gras à chaîne courte (AGCC) produits par les bactéries du genre Lactobacillus jouent un rôle clé dans le développement neural à la suite de leur fermentation. Sans la présence de ces métabolites, les neurones ne peuvent se développer en neurones matures, le renforcement synaptique n’a pas lieu, la communication et l’assimilation des messages nerveux est déficiente au niveau du cerveau et les conséquences sur la santé physique et mentale se font ressentir par des troubles du développement neural (schizophrénie, trouble du spectre de l’autisme, etc.). 

 

Mais cette relation qui les unit se veut bidirectionnelle pour les raisons qui suivent.

Nous savons que les émotions qui trouvent leur origine dans le cerveau altèrent également les fonctions intestinales, et nous en faisons l’expérience tous les jours. En effet, combien d’entre nous ressentent leur estomac se nouer sous l’effet de la pression, du stress ou d’une tristesse intense? Bon nombre d’entre nous ont aussi dû ressentir les fameux « papillons dans le ventre » à la suite d’une émotion amoureuse. Mais encore, ces émotions peuvent également modifier le contenu gastrique et réduire la diversité bactérienne du microbiome. Le stress inhibe ou catalyse la production d’acides dans l’estomac, qui agressent les bactéries. La paroi intestinale devient, dès lors, de plus en plus poreuse et voit son taux d’inflammation augmenter de manière proportionnelle à l’attaque des bactéries par les acides néo-formés.

L’ensemble cause des symptômes déplaisants, tels que les douleurs abdominales, la diarrhée et les ballonnements.

 

    Le déséquilibre du microbiome peut également être causé par un mauvais changement alimentaire et mener à l’apport de micro-organismes « nocifs » qui, en empruntant la voie de l’axe intestin-cerveau, affecteront la machinerie enzymatique du cerveau à dessein de développer  de l’anxiété ou de la dépression. C’est le cas des graisses animales et des additifs alimentaires (édulcorants et émulsifiants).

 

 

Pour en savoir plus sur ce fonctionnement, Neuropresse vous donne rendez-vous le 16 février pour la seconde et dernière partie de cet article.

 

 

Références

 

1. National Institute of Health. (n.d.). IHMP. https://hmpdacc.org/ihmp/overview/

2. PiLeJe Laboratoire. (n.d.). PLJ. https://www.pileje.fr/revue-sante/liens-intestin-cerveau

3. Barett J.S., « Extending Our Knowledge of Fermentable, Short-Chain Carbohydrates for Managing Gastrointestinal Symptoms », Nutrition in Clinical Practice, 2013, Vol. 28 (3), p. 300–306.

4. V. Osadchiy, C. R. Martin, and E. A. Mayer, “The gut–brain axis and the microbiome: mechanisms and clinical implications,” Clinical Gastroenterology and Hepatology, vol. 17, no. 2, pp. 322–332, 2019.

5. Doctissimo. (n.d.). https://www.doctissimo.fr/html/nutrition/dossiers/edulcorant/niv2/trouver-edulcorants.htm

6. G. De Palma, S. Collins, P. Bercik. The microbiota-gut-brain axis in functional gastrointestinal disorders. Gut Microbes. 2014 May-Jun

7. Fukui H, Xu X, Miwa H. Role of Gut Microbiota-Gut Hormone Axis in the Pathophysiology of Functional Gastrointestinal Disorders. J Neurogastroenterol Motil. 2018 Jul 30

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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