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La pédopsychiatrie

D'hier à aujourd'hui...

La pédopsychiatrie

D'hier à aujourd'hui

Ce n’est qu’au début du XIXe siècle que l’on commença à s’intéresser aux troubles psychiatriques de l’enfant. En effet, auparavant, peu d’importance était accordée envers la santé mentale des enfants, car la mortalité infantile était élevée et parce qu’on décrivait l’enfant comme un adulte miniature.


Benjamin Rush

Benjamin Rush, le premier psychiatre américain, ne fait aucune description des enfants dans ses écrits, dont le Medical Inquiries and Observations upon the Diseases of the Mind paru en 1812.


À l’époque, on disait que la folie n’arrive qu’après la puberté. C’est pour cela que les enfants ne fréquentaient pas les asiles.


En France, lors de la Loi du 30 juin 1838 sur les aliénés, aucune spécification n’était faite à l’égard des enfants. Cette loi demandait la création de lieux pour recevoir les aliénés. Notons deux hôpitaux français qui recevaient des enfants: la Salpêtrière et Bicêtre. Le premier établissement prenait en charge les enfants dits “idiots”, tandis que le second s’occupait des épileptiques.


Pendant les 45 premières années de son apparition, l’American Journal of Insanity, l’ancêtre de l’American Journal of Psychiatry, soit de 1844 à 1889, aucun article ne portait sur les enfants.


Les enfants avec des problèmes émotionnels et comportementaux, dus à des causes médicales, étaient vus comme dérogeants d’un point de vue moral. L’excuse de la cause médicale n’existait pas. C’était pour cela que l’on punissant les enfants à tort.


Une étude portant sur plus de 300 jeunes de moins de 19 ans hébergés à l’asile d’Oxfordshire, en Angleterre, décrit les principales causes de “folie” chez ces derniers. Parmi ces causes, différencions les causes psychologiques et les causes physiques. La première catégorie inclut la peur et la peine. La seconde catégorie regroupe l’épilepsie, les fièvres infectieuses telles la typhoïde et la rougeole.


Vers 1850, Maudsley, un Britannique précurseur de la psychiatrie, fut l’un des premiers à décrire la démence, la manie et la mélancolie chez les enfants. Vers la fin du 19e siècle, on découvrit les facteurs impliqués, dont l’hérédité.


On traitait les enfants de la même façon que les adultes. Paul Moreau de Tours, en 1888, écrivit le premier traité spécialisé pour le traitement des enfants. Alfred Binet, en 1905, créa une échelle de mesure de l’intelligence de l’enfant. En 1883, Kraeplin publie un recueil sur les troubles psychiatriques des enfants.


Durand-Fardel, un médecin français, affirma en 1889 la présence du suicide chez les enfants. Ce fut à cette époque que l’on différencia la démence des retards mentaux et de l’épilepsie chez les enfants.


G. Stanley Hall est reconnu pour être le père de la psychologie organisée aux États-Unis. Il est à l’origine du premier journal américain sur la psychologie de l’enfant. Il était très influencé par les travaux des scientifiques allemands et de Sigmund Freud. Il décrit l’adolescence comme une période de “tempête et de stress”. Il note l’importance des relations interpersonnelles.


Le XXe siècle fut la montée de la pédopsychiatrie, grâce aux psychanalystes, dont Freud. On comprit davantage la psyché de l’enfant. Ce fut à cette époque que Léo Kanner utilisa les termes de “schizophrénie infantile” et “d’autisme infantile”. Voici quelques psychanalystes s’étant intéressés aux troubles de l’enfance: Anna Freud, Mélanie Klein, Donald Wood Winnicott. Durant ce siècle, il y eut des avancées sur la psychologie développementale et on découvrit des facteurs propices à une bonne santé mentale. Après la Seconde Guerre mondiale, de gros progrès dans la compréhension des troubles psychiatriques de l’enfant, sur leur classification et leur traitement eurent lieu. On développa aussi les approches cognitivo-comportementales ainsi que psychopharmacologiques. La pédopsychiatrie fut reconnue comme une spécialité médicale à part entière.


La première échelle de mesure de l’intelligence, le test Binet-Simon, a été développée en 1905 par Alfred Binet et Théodore Simon. Le score obtenu à la suite de ce test indique l’âge mental de l’enfant et établit s’il y a concordance ou pas avec son âge physique.


On croyait que le développement complet de l’humain n’était atteint qu’à 25 ans. Beaucoup de changements se passent entre 21 ans et 25 ans. Aujourd’hui, on arrive à la même conclusion, grâce aux imageries médicales du cerveau. On affirme, toujours aujourd’hui, que la “folie” est rare chez les adolescents, mais qu’elle est plus courante chez le jeune adulte, en particulier entre 21 et 25 ans, due à la poussée du développement du cerveau.


La psychologie développementale connut son essor après la Première Guerre mondiale grâce à Jean Piaget, Lev Vygotsky et John Bowlby. Selon Piaget, les enfants pensent différemment des adultes en passant par quatre étapes de développement cognitif: sensorimoteur, préopérationnel, opérations concrètes et opérations formelles. Vygotsky affirmait que les interactions sociales étaient nécessaires au développement cognitif. Quant à Bowlby, il croyait qu’un enfant développe d’abord une relation d’attachement et que cette figure d’attachement était sécuritaire pour son apprentissage.


L’influence de l’adolescence sur les troubles psychiatriques est plus marquante chez les hommes que chez les femmes.


Dès 1961, les enfants de moins de 16 ans ne furent plus hospitalisés avec les adultes. Ce n’est qu’en 1979 qu’il y eu une classification des troubles de l’enfant grâce à la Classification Internationale des Maladies CIM-9. Voici quelques classifications: psychoses spécifiques de l’enfance, trouble de l’activité spécifique de l’enfance et de l’adolescence, retards spécifiques du développement.


Ce ne fut qu’en 2000, en France, que sortit la Classification des Troubles Mentaux de l’Enfant et de l’Adolescent révisée. Voici quelques troubles mentionnés: autisme infantile, troubles des apprentissages, troubles alimentaires, troubles du sommeil.


Aujourd’hui, la pédopsychiatrie est le parent pauvre des soins de santé publics. Peu de ressources financières sont accordées à ce domaine.


Pour les curieux et curieuses, voici un petit vidéo sur la pédopsychiatrie:



Bibliographie



Ascodocpsy. (2017). La pédopsychiatrie : dossier thématique. Repéré à http://www.ascodocpsy.org/suivre-lactualite-en-psychiatrie/dossiers-thematiques/la-pedopsychiatrie/presentation-et-historique/

Rey JM, Assumpção FB, Bernad CA, Çuhadaroğlu FC, Evans B, Fung D, Harper G, Loidreau L, Ono Y, Pūras D, Remschmidt H, Robertson B, Rusakoskaya OA, Schleimer K. History of child and adolescent psychiatry. In Rey JM (ed), IACAPAP e-Textbook of Child and Adolescent Mental Health. Geneva: International Association for Child and Adolescent Psychiatry and Allied Professions 2015.

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