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Les asiles psychiatriques

Nous vous offrons aujourd'hui le premier article de catégorie D'hier à aujourd'hui. Cette nouvelle catégorie d'articles présentera en détail, sous une perspective historique, des thèmes et sujets cruciaux liés à la santé mentale.

-L'équipe Neuropresse

D'hier à aujourd'hui...

Les asiles psychiatriques

Le mot Asile tire son origine du grec asulon. Ce dernier veut dire refuge ou lieu inviolable. Un asile est un lieu où sont traités les gens souffrant de maladie mentale.


Le premier isolement


Vers les années 1600, en France, les gens commencent à redouter les fous (personnes atteintes de troubles mentaux). On croit qu’il faut les isoler de la société avec les autres marginaux, qui sont les délinquants et les vagabonds. À Paris, parmi les 120 000 habitants, on dénombrait que ces marginaux représentaient le tiers de ce nombre. En 1657, Louis XIV ordonna un décret pour enfermer ces marginaux dans des établissements similaires à des hospices. Toutefois, certains d’entre eux s’enfuirent de Paris avant le décret. Cette situation se produit ailleurs en Europe et dans les colonies.



Les cachots de Québec


À Québec, en 1717, l’évêque ordonne aux soeurs de Québec d’implanter une douzaine de cachots individuels pour des femmes furieuses ou de mauvaise vie à l’Hôpital général. Des cachots pour homme seront éventuellement instaurés. C’était le gouvernement qui finançait ces installations jusqu’à la Conquête, en 1759.


Les traitements


Au XVIIIe siècle, les Européens étaient convaincus que les traitements dans les asiles étaient les meilleurs qui soient pour les gens souffrant de troubles mentaux. Ces traitements douloureux incluaient la correction corporelle, les saignées, les brûlements au fer, l’enfermement dans des cercueils troués qu’on plongeait dans l’eau. Le médecin hollandais Herman Boerhaave a inventé la chaise rotative pour soigner les patients délirants, déprimés ou mélancoliques. Celle-ci consiste à faire asseoir sur une chaise le patient en question et à le faire tourner jusqu’à perte de conscience.


En Angleterre


Du côté britannique, on faisait des patients une véritable attraction. L’hôpital Bedlam de Londres, le plus vieil hôpital d’Europe, attachait au mur les patients et s’occupait de ces derniers comme on s’occupait des animaux. Des visiteurs pouvaient payer pour venir voir les patients. Près de 100 000 personnes venaient visiter cette installation, qui se maintint pendant trente à quarante années. À la fin du XVIIIe siècle, on compte sept asiles pour héberger la moitié des malades mentaux en Angleterre. Des pensions et des madhouses accueillaient aussi ces gens, tant dans le secteur privé que public.

Les asiles


L’apparition des asiles a contribué au développement de la psychiatrie. Durant les XVIIIe et XIXe siècles, plusieurs réformes ont eu lieu pour mieux adapter les services publics aux besoins de la population. En 1792, en France, le duc de La Rochefoucault-Liancourt fit une réforme pour les hébergements des marginaux. Durant la même année, Philippe Pinel, un médecin, remet en question les traitements des malades et décide de ne plus attacher les malades les plus agités. Il préconise une approche plus humaine envers les patients.


Des plans sont conçus pour mettre en place des unités pour les malades mentaux, aussi nommés les incurables, vers 1785. Ces unités sont bâties à la manière d’une petite ville avec une place centrale. Le psychiatre français Esquirol, en 1819, présente un projet de construction de bâtiments servant uniquement à soigner les malades mentaux, plutôt que de les laisser dans des hospices, des hôpitaux, des dépôts de mendicité et des maisons de force. Esquirol espérait offrir de meilleurs soins à cette population. Il appela ces établissements Asiles.


En 1838, une loi ordonna de soigner tous les malades mentaux avec un bon pronostic. Ce fut alors que l’asile eut pour mission de traiter ces gens.


Les asiles français sont conçus de façon à séparer les différentes pathologies en quartiers. Ainsi, les calmes sont séparés des agités, les épileptiques sont séparés des convalescents… Les bâtiments administratifs sont centraux et les quartiers sont espacés et reliés par des galeries. Cette structure eut lieu à la fin du XIXe siècle. On isola les malades à la campagne afin de faire des asiles des coopératives agricoles pour éviter les coûts que représentaient les soins. Ces asiles étaient des sociétés avec leurs propres règles.


Premier asile du Québec


Grâce à Dorothea Lynde Dix, philanthrope du Maine, le premier asile québécois, l’Asile provisoire de Beauport, reçoit ses premiers patients en 1845. Il s’agit d’un manoir datant de la Nouvelle-France érigé par le premier médecin de ce territoire, Robert Giffard de Moncel. Le gouverneur général d’alors, Lord Charles-T. Metcalfe, demande aux médecins James Douglas, Charles-Jacques Frémont et Joseph Morrin de traiter les malades avec dignité. Comme en Angleterre, ce lieu attire les visiteurs et est même le lieu de rassemblement des bourgeois de Québec.

Les malades mentaux sont laissés aux soins des Soeurs de la Charité de Québec en 1893. Cette congrégation aménage des espaces verts autour de l’établissement. Les malades ont droit à des visites de leurs proches. Puis, au XXe siècle, l’asile devient un lieu de formation universitaire et les laïcs participent à l’administration de ce lieu.


En 1897, cet établissement est reconnu comme municipalité avec son propre réseau d’aqueduc, sa police, ses potagers… Une clinique et une école ont été ajoutées à l’établissement. En 1939, un incendie ravage l’asile et oblige toute sa reconstruction.


La fin des asiles


C’est au début du XXe siècle qu’on dénonça cette séparation de l’asile du reste de la société. En 1922, l’hôpital Henri-Rousselle, dans l’asile Sainte-Anne, à Paris, est créé. Il s’agit de la première institution où les patients peuvent interrompre leur traitement.

En 1937, les asiles psychiatriques se nomment désormais hôpital psychiatrique.


La désinstitutionnalisation


Dès 1960, les malades mentaux hospitalisés peuvent réintégrer la société. En effet, il existe davantage de services externes pour subvenir aux besoins de la communauté.


L’institut universitaire en santé mentale de Québec, autrefois l’Asile provisoire de Beauport :

1845 à 1850 - Asile provisoire de Beauport

1850 à 1865 - Quebec Lunatic Asylum

1865 à 1912 - Asile des aliénés de Québec

1893 - Achat par la Congrégation des Sœurs de la Charité de Québec

1912 - Asile St-Michel-Archange

1914 - Hôpital St-Michel-Archange

1976 - Centre hospitalier Robert-Giffard

2006 - Centre hospitalier Robert-Giffard - Institut universitaire en santé mentale

2009 - Institut universitaire en santé mentale de Québec

Aujourd’hui, l’Institut universitaire en santé mentale de Québec figure au rang des grandes institutions intégrées au vaste réseau de la santé du Québec et est reconnu comme un chef de file, pour les soins, mais aussi en matière d’enseignement et de recherche. Les malades dont il a la charge, mais aussi leurs familles, peuvent ainsi compter sur une solidarité qui ne se dément pas. ​

Pour les curieux, voici un reportage historique qui démontre la vérité sur les abus qui ont eu lieu en psychiatrie.

Bibliographie

  • Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux de la Capitale Nationale. (2018). Histoire de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec . Repéré à l’adresse https://www.ciusss-capitalenationale.gouv.qc.ca/histoire-de-linstitut-universitaire-en-sante-mentale-de-quebec

  • Marcil, C., Quirion, A. (2012). La folle histoire de la folie. Le kiosque média. Repéré à l’adresse http://lekiosquemedias.com/2012/12/30/la-folle-histoire-de-la-folie/

  • Sylvie METAIS, « ASILE, psychiatrie », Encyclopædia Universalis [en ligne]. Consulté le 17 mars 2018 à l’adresse http://www.universalisedu.com.acces.bibl.ulaval.ca/encyclopedie/ asile-psychiatrie/



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